Stratégies fiscales avantageuses : comment défiscaliser avec l’immobilier

L’immobilier représente un levier puissant pour optimiser sa situation fiscale en France. Face à une pression fiscale grandissante, de nombreux investisseurs se tournent vers ce secteur qui offre une multitude de dispositifs d’allègement fiscal. Qu’il s’agisse de réduire son impôt sur le revenu, sa taxe foncière ou encore l’IFI, les possibilités sont nombreuses et variées. Chaque dispositif répond à des objectifs précis et s’adapte à différents profils d’investisseurs. Cette approche stratégique permet non seulement de diminuer sa charge fiscale, mais constitue souvent la première étape vers la construction d’un patrimoine solide et rentable sur le long terme.

Les fondamentaux de la défiscalisation immobilière

La défiscalisation immobilière consiste à utiliser l’investissement dans la pierre comme outil de réduction d’impôts. Avant de se lancer dans un dispositif spécifique, il est fondamental de comprendre les mécanismes généraux qui régissent cette pratique financière. Le principe est simple : l’État accorde des avantages fiscaux aux contribuables qui investissent dans certains types de biens immobiliers ou qui réalisent des opérations immobilières répondant à des critères précis.

Ces avantages prennent généralement la forme de réductions d’impôt, de crédits d’impôt ou de déductions fiscales. Ils sont accordés en contrepartie d’engagements pris par l’investisseur, comme la location du bien pendant une durée minimale ou le respect de plafonds de loyers. Le but pour l’État français est d’orienter les investissements privés vers des secteurs jugés prioritaires, comme le logement social ou la rénovation urbaine.

Il existe différentes formes de défiscalisation immobilière, adaptées à divers profils d’investisseurs et objectifs patrimoniaux. Certains dispositifs visent l’investissement locatif dans le neuf, d’autres la réhabilitation de l’ancien, d’autres encore l’investissement dans les résidences services. Chacun présente un cadre fiscal distinct et des avantages spécifiques.

Principes généraux et cadre juridique

Le cadre juridique de la défiscalisation immobilière est défini par le Code général des impôts. Les lois de finances annuelles peuvent modifier les dispositifs existants ou en créer de nouveaux. Cette évolution constante nécessite une veille régulière pour les investisseurs souhaitant optimiser leur stratégie fiscale.

L’efficacité d’une stratégie de défiscalisation dépend de nombreux facteurs, notamment de la situation fiscale initiale du contribuable. Un investissement pertinent pour un foyer fortement imposé peut s’avérer inadapté pour un foyer modestement taxé. L’analyse préalable de sa tranche marginale d’imposition est donc une étape incontournable.

  • Évaluation précise de sa situation fiscale actuelle
  • Définition claire des objectifs patrimoniaux à court et long terme
  • Analyse du ratio entre l’avantage fiscal et l’engagement financier
  • Prise en compte de la durée d’engagement requise par le dispositif

La défiscalisation immobilière ne doit jamais être considérée comme une fin en soi, mais comme un outil au service d’une stratégie patrimoniale globale. Un investissement motivé uniquement par l’avantage fiscal immédiat peut s’avérer décevant sur le long terme si les fondamentaux immobiliers (emplacement, qualité du bien, potentiel locatif) sont négligés.

Enfin, il faut garder à l’esprit que ces dispositifs s’inscrivent dans une temporalité longue. Les engagements de location peuvent s’étendre sur 6, 9, 12 voire 15 ans selon les dispositifs. Cette dimension temporelle doit être intégrée à la réflexion initiale, en anticipant notamment les évolutions possibles de sa situation personnelle et professionnelle.

Le dispositif Pinel : avantages et limites

Le dispositif Pinel, créé par la loi de finances 2015, reste l’un des mécanismes de défiscalisation immobilière les plus connus en France. Il permet à un investisseur d’acquérir un logement neuf ou en état futur d’achèvement pour le mettre en location, et de bénéficier en contrepartie d’une réduction d’impôt significative. Ce dispositif, prolongé jusqu’en 2024 dans une version révisée (Pinel+), présente des atouts indéniables mais comporte des contraintes qu’il convient d’analyser avec précision.

La réduction d’impôt s’élève à un pourcentage du prix d’acquisition plafonné à 300 000 € et 5 500 €/m². Pour une mise en location de 6 ans, la réduction est de 12% du prix d’achat (10,5% en 2023 et 9% en 2024). Pour 9 ans, elle atteint 18% (15% en 2023 et 12% en 2024). Pour 12 ans, elle culmine à 21% (17,5% en 2023 et 14% en 2024). Ces taux restent inchangés pour le Pinel+ qui impose des critères de qualité plus élevés pour les logements.

Conditions d’éligibilité et mise en œuvre

Pour bénéficier de l’avantage fiscal Pinel, plusieurs conditions doivent être respectées. Le logement doit être situé dans une zone tendue où la demande locative est forte (zones A, A bis et B1). L’investisseur doit s’engager à louer le bien comme résidence principale pendant 6, 9 ou 12 ans. Les loyers sont plafonnés selon la zone géographique, et les locataires doivent respecter certains plafonds de ressources.

La mise en œuvre d’un investissement Pinel nécessite une analyse approfondie du marché immobilier local. Un bien mal situé ou surévalué peut compromettre la rentabilité globale de l’opération, malgré l’avantage fiscal. La sélection du promoteur et la qualité de construction sont des facteurs déterminants pour la valorisation future du bien.

  • Étude de marché préalable sur le secteur d’investissement
  • Vérification de l’adéquation entre le loyer plafonné et les loyers du marché local
  • Analyse de la demande locative dans la zone ciblée
  • Évaluation des perspectives de valorisation du quartier

Un aspect souvent négligé concerne la gestion locative du bien. Les contraintes de location (plafonds de loyers et de ressources des locataires) peuvent compliquer la recherche de locataires dans certains secteurs. De plus, tout non-respect des engagements de location entraîne la reprise de l’avantage fiscal par l’administration fiscale.

Le dispositif Pinel présente un intérêt fiscal immédiat mais son efficacité patrimoniale dépend fortement de la qualité intrinsèque de l’investissement. Dans certains cas, d’autres stratégies d’investissement peuvent s’avérer plus pertinentes, notamment lorsque les prix de l’immobilier neuf sont significativement supérieurs à ceux de l’ancien dans le secteur visé.

Défiscalisation dans l’ancien : LMNP, Malraux et Denormandie

L’immobilier ancien offre des opportunités de défiscalisation souvent méconnues mais particulièrement efficaces. Contrairement aux idées reçues, ces dispositifs peuvent dans certains cas générer des avantages fiscaux supérieurs à ceux proposés dans le neuf, tout en permettant d’acquérir des biens présentant un meilleur potentiel de valorisation à long terme.

Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) constitue une option particulièrement intéressante. Il permet d’amortir comptablement le bien et ainsi de créer un déficit fiscal qui vient réduire l’assiette imposable des revenus locatifs. Ce mécanisme, bien que moins direct qu’une réduction d’impôt, peut s’avérer très efficace sur la durée. L’amortissement peut s’étaler sur 20 à 30 ans pour le bien immobilier et sur des durées plus courtes pour le mobilier et les équipements.

Le dispositif Malraux pour les secteurs patrimoniaux

Le dispositif Malraux s’adresse aux investisseurs souhaitant participer à la rénovation de bâtiments anciens situés dans des secteurs protégés. Il offre une réduction d’impôt calculée sur le montant des travaux de restauration : 22% dans les sites patrimoniaux remarquables avec PSMV (Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur) et 30% dans les sites patrimoniaux remarquables avec PVAP (Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine).

Ce dispositif présente l’avantage de ne pas être soumis au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 €, ce qui le rend particulièrement attractif pour les contribuables fortement imposés. La contrepartie est l’engagement de louer le bien pendant au moins 9 ans comme résidence principale du locataire, sans condition de ressources ni plafond de loyer.

  • Vérification de l’éligibilité du bien au dispositif Malraux
  • Analyse précise des coûts de rénovation et de leur éligibilité
  • Sélection d’un opérateur spécialisé dans ce type de rénovation
  • Montage d’un dossier complet pour l’administration fiscale

Le dispositif Denormandie pour la revitalisation urbaine

Le dispositif Denormandie, inspiré du Pinel, vise à encourager la rénovation dans les villes moyennes participant au plan « Action Cœur de Ville ». Il permet de bénéficier d’une réduction d’impôt allant de 12% à 21% du montant de l’investissement (acquisition + travaux), selon la durée d’engagement locatif (6, 9 ou 12 ans).

Pour être éligibles, les travaux doivent représenter au moins 25% du coût total de l’opération et améliorer la performance énergétique du logement. Ce dispositif présente l’avantage de pouvoir s’appliquer dans des zones où l’immobilier est plus abordable que dans les métropoles, offrant ainsi de meilleures perspectives de rendement.

L’investissement dans l’ancien présente des spécificités qui nécessitent une approche différente de celle du neuf. La qualité du bâti, l’estimation précise des travaux nécessaires et la connaissance fine du marché local sont des prérequis indispensables. Un accompagnement par des professionnels spécialisés (architectes, artisans qualifiés) s’avère souvent nécessaire pour mener à bien ce type de projet.

Ces dispositifs de défiscalisation dans l’ancien permettent de concilier plusieurs objectifs : optimisation fiscale, constitution d’un patrimoine de qualité et contribution à la revitalisation urbaine. Ils s’adressent toutefois à des investisseurs prêts à s’impliquer davantage dans leur projet immobilier que dans le cadre d’un investissement dans le neuf, généralement plus standardisé.

Optimisation fiscale via les SCPI et l’immobilier papier

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) représentent une alternative séduisante à l’investissement immobilier direct. Ce mode d’investissement, parfois qualifié d’immobilier papier, permet d’accéder aux avantages de la pierre sans les contraintes de gestion inhérentes à la détention directe. Les SCPI collectent les fonds de multiples investisseurs pour acquérir et gérer un patrimoine immobilier diversifié, principalement composé d’immeubles de rapport.

Du point de vue fiscal, les SCPI offrent plusieurs mécanismes d’optimisation. Les SCPI de rendement génèrent des revenus fonciers qui peuvent être partiellement défiscalisés grâce au régime réel d’imposition. Ce régime permet de déduire des loyers perçus l’ensemble des charges liées à la détention des biens (intérêts d’emprunt, frais de gestion, travaux d’entretien, etc.).

Les SCPI fiscales : Pinel, Malraux et Déficit Foncier

Les SCPI fiscales constituent un segment particulier de ce marché. Elles sont spécifiquement conçues pour permettre aux investisseurs de bénéficier des avantages fiscaux liés aux dispositifs de défiscalisation immobilière, sans avoir à gérer directement les contraintes opérationnelles.

Les SCPI Pinel investissent dans des programmes immobiliers neufs éligibles au dispositif du même nom. L’investisseur bénéficie de la réduction d’impôt proportionnellement à sa quote-part d’investissement. Cette approche permet d’accéder au dispositif Pinel avec des tickets d’entrée beaucoup plus accessibles qu’en direct (généralement à partir de 10 000 à 15 000 euros).

  • Accessibilité financière avec des montants d’investissement réduits
  • Mutualisation des risques locatifs sur plusieurs biens
  • Délégation complète de la gestion immobilière et locative
  • Diversification géographique du patrimoine

Les SCPI Malraux et Monuments Historiques fonctionnent sur le même principe, en permettant aux investisseurs de participer collectivement à des opérations de rénovation dans des secteurs sauvegardés ou protégés. Elles offrent ainsi accès à des réductions d’impôt significatives (jusqu’à 30% des travaux pour le Malraux) avec une mise initiale limitée.

Les SCPI Déficit Foncier, quant à elles, acquièrent des immeubles nécessitant d’importants travaux de rénovation. Ces travaux génèrent un déficit foncier qui peut être imputé sur le revenu global de l’investisseur dans la limite de 10 700 € par an. Cette stratégie s’adresse particulièrement aux contribuables disposant déjà de revenus fonciers positifs qu’ils souhaitent optimiser fiscalement.

Stratégies avancées avec l’immobilier papier

Au-delà des SCPI, d’autres véhicules d’investissement comme les Organismes de Placement Collectif Immobilier (OPCI) ou les Sociétés Civiles Immobilières (SCI) offrent des opportunités d’optimisation fiscale.

La détention de parts de SCPI via une assurance-vie constitue une stratégie particulièrement efficace sur le long terme. Les revenus générés bénéficient alors de la fiscalité avantageuse de l’assurance-vie, notamment après 8 ans de détention (abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple, puis prélèvement forfaitaire de 7,5% au-delà).

Pour les patrimoines plus conséquents, la structuration en SCI à l’Impôt sur le Revenu (IR) ou à l’Impôt sur les Sociétés (IS) permet d’optimiser la transmission du patrimoine immobilier tout en bénéficiant d’avantages fiscaux spécifiques. La SCI à l’IS peut notamment être pertinente pour les investisseurs souhaitant capitaliser les revenus locatifs à un taux d’imposition potentiellement plus avantageux que leur tranche marginale d’impôt sur le revenu.

L’immobilier papier représente ainsi une approche moderne de la défiscalisation immobilière, combinant les avantages fiscaux traditionnels de la pierre avec une gestion simplifiée et une diversification accrue. Ces solutions s’adressent particulièrement aux investisseurs recherchant une optimisation fiscale sans l’engagement opérationnel qu’implique la gestion directe d’un bien immobilier.

Bâtir une stratégie fiscale immobilière sur mesure

La construction d’une stratégie fiscale immobilière efficace ne peut se résumer à l’application d’une formule standardisée. Chaque investisseur présente un profil unique, caractérisé par sa situation patrimoniale, ses objectifs personnels et son horizon d’investissement. La défiscalisation immobilière doit s’intégrer dans une vision globale du patrimoine, en tenant compte des interactions entre les différentes composantes de celui-ci.

Une approche personnalisée commence par une analyse approfondie de la situation fiscale actuelle de l’investisseur : tranche marginale d’imposition, existence de revenus fonciers préexistants, assujettissement à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), perspective de transmission… Cette photographie initiale permet d’identifier les leviers d’optimisation les plus pertinents.

Adapter sa stratégie à son profil d’investisseur

Différents profils d’investisseurs appellent différentes stratégies de défiscalisation. Un jeune actif en début de carrière, avec une forte perspective d’évolution de ses revenus, pourra privilégier des investissements générant un déficit foncier, comme la rénovation d’immeubles anciens. Ce déficit pourra être imputé sur ses revenus fonciers futurs pendant 10 ans.

À l’inverse, un cadre supérieur proche de la retraite, cherchant à préparer une baisse prochaine de ses revenus, pourra se tourner vers des investissements en LMNP amortissable ou en nue-propriété. Cette dernière option permet de réduire temporairement ses revenus imposables tout en préparant un complément de revenu pour la retraite, au moment où il récupérera la pleine propriété du bien.

  • Définition précise des objectifs temporels (court, moyen, long terme)
  • Évaluation de sa capacité d’endettement et de son apport disponible
  • Analyse de son appétence au risque et de sa capacité à gérer l’investissement
  • Prise en compte de l’évolution prévisible de sa situation familiale et professionnelle

Combiner les dispositifs pour une optimisation maximale

Les stratégies les plus élaborées combinent souvent plusieurs dispositifs pour maximiser l’effet défiscalisant tout en diversifiant les risques. Par exemple, un investisseur peut associer un investissement en Pinel pour obtenir une réduction d’impôt immédiate, un investissement en LMNP pour générer des revenus faiblement fiscalisés, et une acquisition en nue-propriété pour préparer l’avenir.

Cette approche multi-dispositifs permet d’étaler les avantages fiscaux dans le temps et de s’adapter aux évolutions de sa situation personnelle. Elle nécessite toutefois une vision claire des interactions entre les différents investissements et de leurs impacts cumulés sur la fiscalité globale.

L’optimisation fiscale via l’immobilier doit toujours s’inscrire dans une logique d’investissement sain. Un bien acquis uniquement pour son avantage fiscal, sans considération pour ses qualités intrinsèques (emplacement, potentiel locatif, qualité de construction), risque de générer une déception financière malgré l’économie d’impôt réalisée. La règle d’or reste d’investir dans un bien que l’on aurait envisagé d’acquérir même en l’absence d’avantage fiscal.

Enfin, il convient de rester vigilant face aux évolutions législatives qui peuvent modifier substantiellement les dispositifs existants. Une stratégie fiscale immobilière doit prévoir des mécanismes d’adaptation pour faire face à ces changements, qu’il s’agisse de la prolongation, de la modification ou de la suppression de certains avantages fiscaux.

Perspectives d’avenir et évolutions des dispositifs fiscaux immobiliers

Le paysage de la défiscalisation immobilière en France est en constante évolution, reflétant les priorités politiques, économiques et environnementales du moment. Comprendre les tendances qui se dessinent permet d’anticiper les futures opportunités d’optimisation fiscale et d’adapter sa stratégie patrimoniale en conséquence.

La transition écologique constitue un axe majeur qui oriente désormais fortement les dispositifs fiscaux liés à l’immobilier. Les incitations à la rénovation énergétique se multiplient, tandis que les critères environnementaux deviennent de plus en plus stricts pour bénéficier des avantages fiscaux traditionnels. Le dispositif Pinel+, avec ses exigences renforcées en matière de performance énergétique, illustre parfaitement cette tendance.

L’impact de la transition écologique sur la fiscalité immobilière

Les nouvelles normes environnementales, comme la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020) pour les constructions neuves ou le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) pour l’existant, redessinent progressivement le marché immobilier. Les logements énergivores (classés F ou G) font l’objet de restrictions croissantes, avec des interdictions progressives de mise en location qui impacteront directement leur valorisation.

Dans ce contexte, les dispositifs fiscaux encourageant la rénovation énergétique prennent une importance croissante. MaPrimeRénov’, qui a remplacé le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), s’inscrit dans cette logique en proposant des subventions directes plutôt que des réductions d’impôt. Cette évolution vers des aides immédiates plutôt que différées pourrait préfigurer l’avenir d’autres mécanismes de défiscalisation.

  • Anticipation des futures normes environnementales dans les choix d’investissement
  • Intégration du coût des rénovations énergétiques dans les calculs de rentabilité
  • Vigilance accrue sur la classe énergétique des biens acquis
  • Suivi des nouvelles aides à la rénovation énergétique

Vers de nouveaux équilibres territoriaux

La crise sanitaire et le développement du télétravail ont accéléré une tendance de fond : la redécouverte des villes moyennes et des territoires ruraux. Cette évolution se reflète progressivement dans les politiques de défiscalisation immobilière, avec un recentrage des dispositifs vers la revitalisation des centres-villes moyens, à l’image du dispositif Denormandie.

Cette tendance pourrait s’accentuer dans les années à venir, avec l’émergence de nouveaux dispositifs ciblant spécifiquement les zones en déprise démographique ou économique. L’objectif serait double : répondre aux nouvelles aspirations résidentielles des Français tout en luttant contre la fracture territoriale.

Parallèlement, les métropoles confrontées à des problématiques aiguës de logement pourraient voir émerger des dispositifs spécifiques, centrés sur le logement intermédiaire ou le coliving. Ces nouvelles formes d’habitat, répondant aux besoins d’une population plus mobile et aux moyens limités, pourraient bénéficier d’incitations fiscales dédiées.

Face à ces évolutions, l’adaptabilité devient la qualité maîtresse de l’investisseur immobilier. La diversification géographique et typologique du patrimoine, associée à une veille régulière sur les évolutions législatives, permet de saisir les opportunités qui se présentent tout en minimisant les risques liés aux changements de cap politiques.

En définitive, la défiscalisation immobilière reste un outil puissant d’optimisation fiscale, mais son utilisation judicieuse requiert une compréhension fine des tendances de fond qui façonnent le marché. L’investisseur avisé ne se contente pas de suivre les dispositifs existants, mais anticipe leurs évolutions pour construire une stratégie patrimoniale résiliente et performante sur le long terme.

Questions fréquentes sur la défiscalisation immobilière

La défiscalisation immobilière suscite de nombreuses interrogations, tant ses mécanismes peuvent paraître complexes pour les non-initiés. Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées par les investisseurs souhaitant optimiser leur fiscalité via l’immobilier.

Quel dispositif choisir selon ma tranche d’imposition ?

Le choix du dispositif le plus adapté dépend fortement de votre taux marginal d’imposition (TMI). Pour les contribuables faiblement imposés (TMI à 11% ou 30%), les dispositifs générant des réductions d’impôt comme le Pinel peuvent s’avérer moins pertinents que des mécanismes créant du revenu peu ou pas fiscalisé, comme le LMNP avec amortissement.

À l’inverse, pour les foyers fortement imposés (TMI à 41% ou 45%), les dispositifs offrant des réductions d’impôt significatives comme le Malraux (jusqu’à 30% du montant des travaux) ou le Monuments Historiques (déduction intégrale des travaux du revenu global) présentent un intérêt majeur. Les stratégies de déficit foncier sont particulièrement efficaces pour ces profils, permettant d’imputer jusqu’à 10 700 € de déficit sur le revenu global.

Pour les tranches intermédiaires (TMI à 30% ou 41%), une approche mixte combinant réduction d’impôt et optimisation des revenus locatifs peut être privilégiée, par exemple en associant un investissement Pinel et un investissement en LMNP.

Comment combiner plusieurs dispositifs de défiscalisation ?

La combinaison de plusieurs dispositifs doit respecter certaines règles, notamment concernant le plafonnement global des niches fiscales fixé à 10 000 € par an pour la plupart des dispositifs. Certains mécanismes comme le Malraux échappent partiellement à ce plafonnement, ce qui les rend particulièrement intéressants dans une stratégie multi-dispositifs.

Une approche efficace consiste à échelonner ses investissements dans le temps pour maximiser l’avantage fiscal sur plusieurs années. Par exemple, réaliser un investissement Pinel une année, puis un investissement en déficit foncier l’année suivante, permet d’étaler l’effort financier tout en optimisant l’impact fiscal.

  • Vérification du cumul des avantages fiscaux par rapport au plafonnement global
  • Échelonnement temporel des investissements pour maximiser les effets
  • Diversification des mécanismes utilisés pour réduire les risques
  • Adaptation de la stratégie à l’évolution de sa situation fiscale

Quels sont les pièges à éviter en défiscalisation immobilière ?

Le premier piège consiste à privilégier l’avantage fiscal au détriment de la qualité intrinsèque de l’investissement. Un bien mal situé ou surévalué générera une moins-value à la revente qui pourra largement dépasser l’économie d’impôt réalisée. La règle d’or reste de sélectionner un bien que l’on aurait acheté même sans avantage fiscal.

Un autre écueil fréquent réside dans la sous-estimation des contraintes liées aux dispositifs fiscaux. Les engagements de location sur de longues périodes (6 à 12 ans pour le Pinel, 9 ans pour le Malraux) peuvent s’avérer problématiques en cas de changement de situation personnelle ou professionnelle. La revente anticipée d’un bien sous dispositif fiscal entraîne généralement la reprise des avantages fiscaux obtenus.

Enfin, la complexité administrative et déclarative de certains dispositifs est souvent négligée. Le non-respect des obligations déclaratives peut entraîner la remise en cause des avantages fiscaux, même si toutes les conditions de fond sont respectées. Un accompagnement par un professionnel (expert-comptable, avocat fiscaliste) peut s’avérer nécessaire pour sécuriser son investissement sur le plan fiscal.

Comment anticiper l’évolution des dispositifs fiscaux ?

L’anticipation des évolutions législatives constitue un défi majeur pour les investisseurs sur le long terme. Les dispositifs de défiscalisation sont régulièrement modifiés, prolongés ou supprimés au gré des lois de finances annuelles et des changements de majorité politique.

Une stratégie prudente consiste à diversifier ses investissements entre différents dispositifs pour ne pas être trop dépendant d’un seul mécanisme fiscal. Il convient également de privilégier les investissements dont la rentabilité intrinsèque reste acceptable même en l’absence d’avantage fiscal, ce qui permet d’absorber d’éventuelles modifications législatives défavorables.

La veille législative devient un élément clé de la stratégie patrimoniale, notamment en période pré-électorale où les programmes des différents candidats peuvent donner des indications sur les futures orientations fiscales. Cette anticipation permet de finaliser certains investissements avant d’éventuels durcissements ou, à l’inverse, d’attendre l’entrée en vigueur de nouveaux dispositifs plus favorables.